
I Bonne année
Nos meilleurs vœux de Bonne Santé pour 2008 à vous tous les bienfaiteurs des enfants du Foyer de l’Espérance d’Ile au Nattes de Sainte Marie.
Merci à tous ceux qui sont venus à nos deux manifestations à Altviller : Théâtre et Marché de Noël, merci aussi à l’A.S.C.A. qui nous a accueillis au Foyer, à Denis pour la réalisation des calendriers, à nos amies de Knutange, au Golf Club La Crinière de Bretagne et à tous ceux qui ont donné de leur temps et de leur argent pour aider les enfants de Madagascar.
II Compte-rendu de notre séjour du 1 au 18 octobre
Partis le 30 septembre de France, nous ne sommes arrivés que le 2 octobre à destination à Sainte-Marie, via l’Ile Maurice, ce qui n’était pas prévu au départ .Mais lorsqu’on va à Madagascar tout est possible ! A l’arrivée, nous retrouvons Angeline, Samena, Séverine et d’autres visages souriants qui nous accueillent avec le traditionnel « Bienvenue ». Euphrasie était à l’aéroport le 1 er octobre et n’a pas eu notre e.mail du 29/09 annonçant notre retard d’une journée. A Madagascar, même les e.mail vont « mora mora » (lentement).
L’après-midi nous prenons un taxi pour aller à Ambodifotatra , la seule « ville de l’île » où l’on trouve à peu près l’essentiel et le nécessaire vital et surtout où l’on peut changer des euros en ariary. Le cours du jour est de 2 475 Ar pour 1 €. Mais nous constatons que le coût de la vie a bien augmenté : 4 € pour aller en ville, 2.5 € la bouteille d’eau vive.
Le lendemain 3 octobre, nous allons avec un premier chargement à l’Ile aux Nattes. Notre piroguier Joseph est là ; il nous annonce le décès de son fils Stéphane 17 ans qui était infirme, un si gentil garçon , très intelligent et qui fréquentait l’école du Foyer depuis des années. Nous sommes consternés ; dans nos bagages il y a une boîte de compas qui lui est destinée ! Euphrasie nous aperçoit sur la plage, étonnée de notre arrivée. Nous traversons le village et nous constatons qu’il y a un médecin dans le dispensaire : Peut-être grâce à notre intervention en 2006 auprès du Conseiller Général de Saint-Avold qui est intervenu par courrier à la Présidence de la République qui a d’ailleurs répondu le 6/10/07 qu’elle participerait par l’intermédiaire de l’Ambassade de France pour « répondre aux besoins sanitaires des populations locales ou des touristes de passage ». Nous retrouvons de nombreuses connaissances et le personnel du foyer. Chacun aura droit à un cadeau. Nous rentrons avant la nuit qui est si noire qu’on ne distingue rien. Mais arrivés à la maison, Angéline , notre « fée du logis » nous annonce que le courant vient d’être coupé ( il est 17 h) et que c’est ainsi tous les jours et que pas de courant = pas d’eau !
Heureusement nous avons des bougies et une lampe de poche (la lampe Petromax ne fonctionne plus ! ). Mme Marthe, notre fournisseur d’épices est là. N’ayant que ses épices pour seule source de revenus, elle est pressée de faire la livraison de ses produits commandés par courrier il y a quelques mois déjà : Cannelle, poivre, girofle, vanille etc… On lui remet aussi les cadeaux rapportés de France, tous de 1ère nécessité. Elle est radieuse et s’en retourne pieds nus vers « Londres » à 4 Km où elle demeure avec sa petite famille.
Le lendemain matin Noella, sa fille qui a emmené sa petite Francilda à l’école nous conduit vers la colline de Londres, une belle promenade botanique qui nous mène par de petits sentiers étroits, tantôt boueux, tantôt escarpés sur cette butte de 30 m d’où l’on voit l’Ile aux Nattes et l’Océan . On se repose sur un tronc d’arbre près de sa case, une pauvre demeure de bois et de branchages qu’elle ne fait jamais visiter ! Mme Marthe nous offre une petite soubique (panier) avec l’inscription « Ste Marie ». Nous redescendons avec Noella jusqu’à la piste et sommes pressés d’aller boire un jus d’ananas frais ; un vrai délice, quand il fait 30° à l’ombre.
Pendant ce temps Angeline a préparé le repas : omelette, pâtes de France, tomates. Samena nous ouvre des noix de coco fraîches dont nous apprécions le jus sucré. Un pêcheur vient proposer sa prise : Nous laissons Angeline décider ; elle choisit un « capitaine » et 2 « perroquets » pour le repas du lendemain.
L’après –midi nous nous octroyons une petite sieste. Puis nous trions des vêtements pour la distribution ; les hommes cherchent à faire gonfler le ballon de basket destiné aux Grands du Foyer.
Nous nous levons tous les matins entre 5 h et 6 h (le soir dodo à 21 h ; pas de télé ni de radio, d’ailleurs nous sommes morts de fatigue). Ce vendredi 5 octobre, Nathalie, une vieille connaissance qui parle bien le français, nous présente une jeune femme d’une maigreur effrayante qui a besoin de soins. On lui donne 20 000 Ar pour aller voir un médecin. Elle revient plus tard. Dans son carnet de santé (petit carnet à spirale) le médecin a inscrit : « faire analyse de crachats Urgent » On lui donne des antibiotiques et un antitussif. On craint le pire ! Elle reviendra au bout de 5 jours, les médicaments étant épuisés. Elle a l’air d’aller mieux. Je fais traduire à Nathalie des conseils d’hygiène et de bonne alimentation. Mais cette jeune mère de 5 enfants n’a pas les moyens d’acheter du lait. On lui redonne de l’argent. Nathalie ira lui acheter d’autres médicaments du lait et du riz.
Ce samedi 6 octobre nous avons un rendez vous avec Mme Pister, l’adjointe au Maire de Saint-Avold, en mission à Tana (capitale) et qui doit venir visiter le foyer de l’Espérance ce week-end. Nous prenons donc la pirogue vers 10 h. La traversée est un peu mouvementée car le vent s’est levé. Près de la « Bonne Etoile » tous les enfants : les Grands venus de Ste-Marie, et les Petits habitant l’Ile aux Nattes sont là avec leur blouses scolaires : bleues, beiges ou roses selon l’âge et la classe. Ils nous accueillent avec des chants, des danses et des cadeaux « made in Madagascar »
Euphrasie nous fait visiter les lieux et nous constatons les besoins urgents :
ü Sanitaires à faire près du dortoir du haut (devis),
ü Réfection des murs en végétaux, partie haute (devis)
ü Il manque aussi trois lits, matelas et draps ( Gérard paiera les lits et l’A.S.F.E. les matelas et draps que l’on fera faire par Aurélie, la couturière du village.
Dimanche 7 octobre
Il fait déjà très chaud à 8 h du matin et la messe a commencé avant l’heure parce que l’église était pleine. Les chants sont toujours aussi beaux et fervents. Après la messe, de nombreuses personnes âgées venant de très loin parfois, viennent nous voir pour essayer les lunettes préparées et offertes par les « opticiens KRYS » de Saint-Avold et des particuliers. Que de sourires radieux quand les lettres du journal récupéré dans l’avion (il n’y en a pas à Ste-Marie) apparaissent clairement à travers les verres des lunettes. Quelques déceptions aussi : ainsi ce jeune homme aveugle qui espérait tant. Nous en avions le cœur gros. Nous lui avons offert des friandises pour le consoler et pour nous déculpabiliser. Il y a aussi cette vieille dame à qui nous faisons essayer de nombreuses lunettes sans succès. On veut alors lui offrir une paire pour qu’elle récupère les montures. Mais elle refuse car elle ne pourra jamais se payer les verres nécessaires, ni même voir un ophtalmologue en Grande Terre.
Promenade en pirogue motorisée avec Christophe
Ce lundi 8 octobre nous décidons d’aller à la ville (8 Km) en pirogue plutôt qu’en taxi. Pourtant notre chauffeur Augustin est sympathique, ponctuel, sa voiture propre est même confortable. Mais la piste est si mauvaise… Alors nous avons réservé un aller-retour chez Christophe que nous connaissons depuis des années. Ce garçon de 40 ans a débuté comme guide et piroguier emmenant d’abord ses clients de Ste-Marie à l’Ile aux Nattes. Sérieux, agréable, parlant assez bien le français il a pu faire quelques bénéfices et des économies ; et grâce à un don il a acheté un moteur et amélioré sa pirogue. Il a commencé par y ajouter un balancier, puis il a « capitonné les sièges (planches de 20 cm de large) », acheté des ceintures de sauvetage. Il a aussi peint sa pirogue en bleu et jaune avec des fleurs. Sur les bords, il a fixé de petits morceaux de tuyaux récupérés pour y enfoncer des parapluies. Christophe installe nos sacs à l’abri d’une bâche à l’arrière. Nous nous installons sur les « sièges » pour une traversée de ¾ d’heure. Il nous tend aussi un K-way (nous reconnaissons certains que nous lui avions offerts il y a plusieurs années) en cas de pluie ou d’éclaboussures. Christophe, debout à l’arrière, se dirige lentement vers la passe puis longe la barrière de corail, là où l’océan est très profond. Le voyage est agréable ; notre piroguier nous présente la côte vue sous un autre angle. Nous voyons sauter des petits poissons… et un poisson volant nous accompagne sur quelques mètres. L’eau est noire, nous imaginons les grands fonds, c’est là que les baleines viennent mettre bas en août, septembre. A présent, elles sont reparties vers des eaux plus froides. Mais voilà qu’un bateau très rapide nous croise , ce qui provoque des remous ; Christophe place alors son embarcation dans le sens des vagues et d’un air sérieux dit : « plus tard j’en aurai un comme çà !» Nous le croyons, tout en essayant de le convaincre que sa pirogue est bien plus attrayante pour les touristes. Nous arrivons en ville vers 10 h, Christophe nous y attendra jusqu’au moment du retour vers 16 h. Sur le port, il retrouvera des copains et fera le plein de gasoil. Nous avons fait deux agréables traversées pour 8 €. Christophe nous remercie « Merci, d’avoir confiancé à moi ! ». Le lendemain, il viendra nous présenter sa fille Paqueline qui a 8 ans et sa compagne depuis 14 ans, Hélène. Nous les gâtons un peu, ils sont heureux. Le rire franc et spontané de Christophe résonnera longtemps encore à nos oreilles ainsi que quelques-unes de ses paroles : « il faut travailler pour l’avenir ». « Je voudrais que ma fille aille dans une école privée pour mieux apprendre le français ». « Parfois, je donne un billet à un vieux pour qu’il s’achète du riz parce que moi j’ai eu de la chance »
Visite chez les Grands à St Joseph
Les Grands qui fréquentent le Collège ou le Lycée logent dans une maison à Saint-Joseph près de la ville. Ils ont cours de 7h30 à 13 h pour les uns, les autres retournent en classe l’après-midi. Le lycée se trouve à 4 Km, le Collège à 3 Km. Leur logement est grand et bien tenu. Ils sont encadrés par Perline qui parle bien le français et une cuisinière. Les enfants doivent participer aux tâches ménagères : corvées d’eau, de bois, vaisselle, ménage, lessive etc… Ils le font sans rechigner et sont heureux de leur sort. Ils sont 13 filles et 13 garçons que nous avons gâtés en leur apportant : un panneau et un ballon de basket, du matériel scolaire, une boîte de 200 jeux de sociétés, des toupies « made in France » par un bienfaiteur mosellan, des bijoux de toutes sortes pour les filles etc... Nous avons fixé le panneau sur un gros arbre faute de mur. Il a fallu s’y prendre par deux fois après avoir trouvé au marché des clous assez longs et une échelle branlante « made in Madagascar »
A l’Ile aux Nattes
Les Petits sont très nombreux, remuants, pleins de vie et d’énergie. Il y a 7 adultes pour s’en occuper sans compter les 4 enseignants des classes primaires. Nous sommes intervenus une matinée chez les préscolaires avec du « matériel français». Ce n’est pas facile, les enfants qui découvrent ce matériel inconnu sont très maladroits, il y a aussi la barrière de la langue et le manque de temps. Jeanne la petite autiste a bien grandi, à 6 ans elle dit quelques mots. Elle est bien plus propre maintenant mais recherche toujours des câlins et de l’affection qu’elle n’a jamais reçus de sa mère alcoolique à qui il a fallu enlever l’enfant il y a plusieurs années afin de lui sauver la vie.
Dans une des salles, nous avons commencé les travaux de peinture (deux tableaux avec de l’ardoisine rapportée de France.) Quatre classes primaires fonctionnent en plus de la classe des préscolaires. Elles accueillent les enfants du Foyer d’Espérance mais aussi des enfants du village. Cela leur évite de se rendre à l’école Communale d’Etat, éloignée du village et surchargée d’élèves.
On pourrait écrire des pages pour raconter le temps qu’il faut pour trouver une échelle digne de ce nom, un bac pour la peinture au rouleau, un seau d’eau. A l’Ile aux Nattes tout est compliqué. On s’occupera aussi des serrures rouillées du Foyer qu’il faut dégripper. Il y aurait tant à faire : ce qui manque avant tout au Foyer, c’est un homme d’entretien permanent, compétent et outillé. Tantôt il faudrait un tournevis spécial, ou une perceuse ou une telle charnière, mais il n’y a rien ! Nous avions déjà emmené des outils les années précédentes mais ceux-ci sont utilisés par toute l’île et sont introuvables le moment voulu !
Ce samedi 13 octobre, les Français et les Anglais se disputent la victoire au rugby ; Nous n’en verrons rien, fatigués, sans télé et sans courant. Mais nous aurons les résultats le lendemain par SMS depuis la France !
Le feu à l’Ile aux Nattes
Ce jour-là nous voyons monter depuis Sainte-Marie une épaisse fumée jaune à Ile aux Nattes. Est-ce du brûli ou un incendie ? On se renseigne. Personne ne sait. Deux jours plus tard, nous décidons de faire une belle excursion et nous faire guider jusqu’aux « Lémuriens » un endroit merveilleux sur la côte Est de l’Ile aux Nattes où s’est installé un Français d’origine basque. Dans la forêt, il a construit des cases logement et un bar-restaurant qui domine l’océan. Des arbres de toutes sortes répertoriés et annotés, quelques lémuriens semi- apprivoisés font la joie des touristes. L’endroit est calme, un paradis. Une dizaine de personnes y travaillent. Après ½ heure de marche depuis le Foyer de l’Espérance, nous arrivons à destination et constatons les dégâts de l’incendie. Le bar restaurant a complètement disparu ; il ne reste rien si ce n’est quelques tôles calcinées que des employés essaient de trier et de récupérer. Quelle tristesse pour ce lieu touristique. Nous qui nous réjouissions de trouver là des connaissances et une boisson rafraîchissante, hélas ! Il n’y a plus rien que misère et désolation. Les arbres n’ont pas trop soufferts mais les Lémuriens se sont réfugiés dans la forêt.
Un incendie n’est pas maîtrisable à Madagascar : il n’y a ni pompiers, ni secours à espérer, ni assurance bien sûr !
Les Anciens du Foyer
Rössli
est un Ancien du Foyer que nous avons connu enfant. A présent il vit dans le village avec sa compagne et son fils de 3 ans. Maltraité dans sa petite enfance, il est accueilli par Euphrasie qui lui apprendra à lire et a oublié son triste passé. Quand il a quitté le Foyer, il n’avait pas de métier mais on devinait ses talents de bricoleur qui savait s’adapter à toutes les situations. Euphrasie continuait à le nourrir avec les autres enfants contre de petits services : entretien, gardiennage. Aujourd’hui Rössli gagne sa vie en créant des objets utilitaires ou décoratifs faits avec des noix de coco, coquillages, raphia. Dès notre arrivée le 1er jour, il est là sur la plage. Bien sûr, nous lui achetons ses créations en gonflant le prix pour l’encourager. Le lendemain, nous le rencontrons en ville, ce qui nous intrigue ! Comment dépense-t- il son argent ?... En achetant des planches pour finir sa maison qu’il nous fera visiter : une jolie case avec une partie en dur, un sol en béton ; deux pièces sont prévues, le toit est posé il reste les cloisons à terminer. Nous sommes en admiration et heureux de sa réussite.
Jaqueline
Elle était le gros souci d’Euphrasie il y a quelques années. Un peu simplette, incapable de suivre en classe, elle se contentait d’être la « nounou de Jeanne », la petite autiste benjamine des pensionnaires. Parfois, Jaqueline oubliait Jeanne dans le village. Bref, on se demandait avec inquiétude ce que serait son avenir. Son père décédé il ne lui restait qu’un frère qui l’accueillait de temps en temps sans vouloir s’en encombrer. A 18 ans, elle est placée à la ville comme bonne. J’ai revu Jaqueline cette année avec un grand étonnement. Propre et bien mise, parlant assez bien notre langue, Jaqueline nous dit qu’elle travaille la semaine en ville chez une enseignante et rentre le week-end au village où elle loue une petite case. Avec son salaire, elle prend des cours de français et de couture (elle fait elle-même ses vêtements). Jaqueline est restée en mal d’affection ; elle ne nous a pas quittés, nous accompagnant tout le week-end. Mais elle est autonome et sait se débrouiller pour vivre !
Murielle
En 1997, il nous arrivait d’accueillir des enfants du voisinage que l’on voyait sur la piste portant des gamelles sur la tête ou jouant devant leur case. Un jour, j’avais passé plus d’une heure avec une fillette ; Murielle- Adeline à dessiner dans le sable, au bord du chemin. Elle me chantait une comptine apprise à l’école mais ne se rappelait pas bien des paroles. Je complétais les phrases et on chantait ensemble : « mon petit lapin a bien du chagrin … ; saute, saute mon petit lapin … » Elle avait 8 ans à cette époque là ! Tous les 2 ans, je lui faisais de petits cadeaux : un jouet, un livre, un vêtement. Elle m’offrait de petits coquillages. Je ne l’avais pas revue en 2003 et 2005. Et voilà que cette année, la veille de notre départ une belle jeune fille se présente. Elle parle bien le français et me tend un chapeau en raphia, un chapeau typiquement malgache, « un cadeau parce que je ne vous ai pas oubliée ». Je ne la reconnais pas. Elle se présente. Je suis émue. Murielle m’apprend qu’elle est en classe de 1ère et qu’elle souhaite être avocate. Elle réside à la ville pour ses études et ne revient que rarement au village. J’espère bien la revoir, j’espère surtout que son souhait se réalisera : devenir avocate.

III Bilan du Séjour
Nous avons fait le plein de soleil mais nous avons rapporté aussi tant de souvenirs de gens souriants bien que miséreux, d’enfants heureux, de personnes reconnaissantes de recevoir des vêtements, savon, matériel scolaire, ciseaux et mercerie, médicaments et surtout des lunettes. Elles leur permettent souvent de voir le monde autrement que dans le brouillard, de pouvoir lire et chanter à la messe le dimanche ou de conserver leur travail jusqu’à la retraite. Nous ne regrettons pas d’avoir traîné sur 12 000 Km des valises lourdement chargées. Que de merci et de reconnaissance nous avons eu en retour. Et si tous les enfants du Foyer pouvaient réussir leur vie comme Rössli, Jaqueline, Murielle ou Christophe nous aurions gagné notre pari,
« Tout homme a droit à un minimum pour vivre, s’épanouir, en un mot, exister »